Vivre un mois sans emballage plastique ? Mon challenge du mois d’octobre !

Après mon retour d’Amérique latine, la question des déchets ménagers qui me préoccupait déjà depuis quelques temps s’est transformée en véritable remise en question de mon mode de consommation.
J’aime prêcher la bonne parole et parler développement durable, mais le changement part d’abord de soi-même et c’est donc tout naturellement que je me suis lancée dans ce défi.
J’ai tenu un journal de bord pendant un mois, et cet article reflète mon cheminement. Bonne lecture !
PREMIERE REACTION : c’est beaucoup plus facile que ce que je pensais !
D’accord, j’habite en Autriche en ce moment – à Vienne – mais je ne trouve pas le pays fondamentalement plus avancé que la France en matière d’emballages. C’est la même chose dans les supermarchés autrichiens ou français – tout est suremballé – et mis à part quelques fruits ou des produits dans des pots en verre, c’est impossible de trouver des solutions zéro déchets dans ces magasins.
Mais des alternatives au supermarché, il y en a ! D’abord, les marchés locaux pour les fruits et les légumes. J’ai été impressionnée de voir qu’il y avait autant de marchés en consultant le site de la mairie ! Et comme il y en a beaucoup, cela signifie qu’il y en a forcément un proche de chez soi. Bingo pour moi, il est à environ 3 minutes à pied et je peux y aller tous les jours ! Et j’ai de la chance car c’est une place avec un marché temporaire mais aussi plusieurs petits vendeurs fixes de fruits et légumes.
Pour ce qui est des prix, je dirais que ça dépend des produits mais que c’est globalement moins cher que le supermarché pour tous les produits venant de son pays (pommes, poires…). Et surtout, je trouve que les produits sont bien meilleurs ! On sent qu’ils ne sont pas passés par 10 chambres froides et que le produit que l’on achète a une vraie tête – autrement dit la pomme n’est pas parfaite, et alors on s’en fiche car ce qui compte c’est son goût non?
Et puis donner son argent au marchand du coin fait plus plaisir qu’à un magasin déjà bien enrichi – par exemple en Autriche c’est le groupe allemand REWE qui possède la plupart des supermarchés, et son chiffre d’affaires est proche de 60 milliards d’euros par an…
Le gros avantage de ces marchés, c’est qu’en plus d’avoir de meilleurs produits, on peut amener son sac et le remplir avec les produits que l’on veut. Adieu emballages plastiques donc, et bonjour le sac réutilisable ! En plus, cela permet de ne prendre que ce dont on a REELLEMENT besoin – par exemple, 3 clémentines au lieu du sac d’1kg qu’on se retrouve à acheter.
LES FRUITS ET LEGUMES, MAIS ENCORE ?
C’est un bon début de commencer par les fruits et les légumes. Mais ça ce n’arrête pas là ! En faisant mes recherches, j’ai découvert 3 magasins zéro-déchets dans la ville et je sais que ces initiatives florissent un peu partout en France – j’avais vu un tel magasin lorsque j’habitais à Orléans par exemple.
Un magasin zéro-déchets, c’est quoi ? Tout simplement un magasin de vrac où l’on peut amener son pot en verre – que l’on pèse pour faire la tare – puis que l’on remplit autant que l’on veut. Riz, pâtes, lentilles, quinoa, graines de chia, farine, muesli, épices, thé…On peut trouver une ribambelle de produits.
Malheureusement, j’ai testé 2 magasins sur 3 et les prix ne sont pas donnés, ce qui est une incompréhension sachant qu’il n’y a pas d’emballage. Comme je vis seule je prends de petites quantités, mais pour une famille ça devient un budget. Je dirais généralement que c’est 2 à 3 fois plus cher qu’un produit vendu en grande surface – par exemple j’ai payé 2.6€ pour 1kg de farine, 5.9€ pour 1kg de pâtes complètes, seule la polenta n’était pas très chère à 3.9€ le kg. Bon, les produits sont bien souvent biologiques donc cela explique une partie du prix. Mais quand même ! Heureusement qu’ils sont bons…
Voilà donc une idée de ce à quoi ressemblent mes étagères :
Et mes courses pour la semaine :
MAIS ENCORE ?
Pour ce qui est de l’alimentaire, j’ai donc facilement pu opérer la transition. Au final, quand je regarde mon budget, je dépense autant qu’avant : les produits sans emballages ont beau être globalement plus cher, j’achète que ce dont j’ai besoin et je cuisine et prépare tout moi-même. Mine de rien, on en achète des conneries dans ces supermarchés en se laissant tenter par le packaging, des petits biscuits aux plats préparés en passant par les soupes déshydratées.
Et encore une chose : le pain de la boulangerie est largement meilleur que le pain industriel, et mettre quelques dizaines de centimes de plus fait la différence !
Voici donc une idée des plats que j’ai pu me cuisiner le mois dernier (je n’ai pas de four dans mon appartement étudiant, mais ça apprend à innover!) :
Je crois que la meilleure découverte concerne le petit déjeuner : mélange de flocons, fruits, miel, graines de chia, morceaux de chocolat et fruits secs. Un power petit dej qui lance parfaitement ma journée !
VOYAGER ZERO DECHETS ?
J’ai fait deux voyages en octobre – un à Salzburg et l’autre à Cracovie – et j’ai trouvé que ce n’était pas si difficile de voyager de cette manière. A Cracovie, les vendeurs de petits pains dans la rue voulaient toujours me refourguer un sac en plastique avec celui-ci, et même si je ne comprenais pas un mot de la langue je leur rendais poliment le sac. A Salzburg, j’étais contente de voir que le hot-dog local que j’avais commandé venait dans du papier journal.
Pour l’instant, je me focalise surtout sur le plastique et me tourne soit vers les alternatives en verre (recyclable à l’infini!) ou papier, soit sans emballages. J’adore voyager et je ne me vois pas me priver de tout, surtout quand il y a tant de bières autrichiennes à tester !
LES LIMITES
Lors de ce challenge, j’ai « craqué » pour des produits emballés plusieurs fois, parfois à mon insu, d’autres parce que je ne voyais pas d’alternatives. Au total j’ai « consommé » 8 fois des emballages plastiques ce qui n’est pas un mauvais résultat pour un défi d’un mois.
Une chose qui est revenue souvent est la nourriture à emporter, j’ai pu remarquer que les commerçants mettaient tout dans des contenants à usage unique sans oublier les bons vieux couverts en plastique. Heureusement que la France va bannir toute la vaisselle en plastique d’ici 2020, c’est un désastre environnemental (voir le documentaire « Plastic Ocean ») en plus d’être une aberration car on a tous des couverts chez nous qu’il nous suffirait d’emporter.
De même, les événements style séminaires, cocktails, etc ont leur lot d’emballages à commencer par les bouteilles d’eau en plastique. On est en Europe bordel, l’eau du robinet est plus que potable !
Sans oublier tous les goodies inutiles que l’on nous donne à tous ces événements, alors qu’ils vont concrètement finir au fond d’un tiroir.
Ensuite, j’avais besoin de compléments alimentaires et à l’heure d’aujourd’hui, je n’ai pas vu de vendeurs en vrac donc bonjour le contenant en plastique que l’on va jeter et qui a des chances de finir dans les océans. De même, j’avais urgemment besoin d’une rallonge USB et j’ai donc du me rendre dans une boutique IT, et prendre un produit manufacturé avec son emballage.
CONCLUSION
Finalement, j’ai trouvé que c’était facile de changer ses habitudes et de refuser un sac en plastique ou un emballage quand un commerçant m’en propose un. Il suffit de se faire confiance et de se faire entendre ! Le plus gros problème dans notre modèle de société actuel – particulièrement dans les grandes villes – c’est que tout le monde est occupé et veut aller vite. Pourquoi faire un détour par 3 magasins qui sont éloignés les uns des autres quand on peut tout trouver pour moins cher dans un grand supermarché ? Plus d’une personne m’a fait la remarque, et c’est logique. Surtout que l’offre de produits est beaucoup plus importante. L’idéal serait que le zéro-déchet devienne à terme la norme dans tous nos supermarchés ou qu’une chaîne de magasins zéro-déchets avec une politique de prix bas concurrence sérieusement les grandes enseignes.
LA SUITE
Maintenant, je compte m’attaquer à ma salle de bain et je suis déjà sur la bonne voie. Je me suis débarrassée de presque tous mes produits manufacturés (soi disant biologiques mais pas tant que ça quand j’ai regardé l’étiquette), acheté un shampooing solide à base d’aloé vera, du savon d’Alep pour le corps, remplacé les tampons/serviettes hyégéniques par la cup (quelle belle connerie ça aussi les tampons!) et fait mon déodorant et dentifrice maison. Désormais, place aux expérimentations !
En plus d’être meilleur pour l’environnement, il y a une dimension créative dans le fait de faire soi-même ses produits. Et dans notre société hyperconnectée, ça fait un bien fou de mettre main à la pâte et de créer. Alors, qu’on sorte le tablier, le bicarbonate de soude et les pots en verre, l’apprentie Florence est dans la place !
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